Le jour est levé.
Les cheveux mouillés, Marine revient de son bain de mer.
Elle est magnifique en maillot de bain blanc, orné d'attaches dorées.
Elle exhibe un ventre plat centré sur un nombril en fente discrète.
Dix ans plus jeune que Jean, elle affiche un air de glamour et de divine féminité.
À la table du petit déjeuner, installée sur la grande terrasse face à la mer, Jean savoure un café noir en lisant un carton imprimé.
Marine s'approche de lui tout en séchant ses cheveux avec une grande serviette blanche.
― C'est fou ce que l'eau est bonne… Y'a des petits poissons colorés partout, déclare-t-elle, ravie. Je pouvais presque les toucher...
― Tu peux te baigner à poil, si tu veux… J'ai fait un footing à l'aube. Les autres bungalows sont super loin… Et ici, pas de paparazzis… Garanti! Ou je suis remboursé… C'était dans le contrat...
― C'est fou cette île… Pourquoi on ne connaissait pas avant?
― C'est un club hyper select, apparemment… Avant de vendre la boîte, j'avais peut-être pas assez de pull… Maintenant, on est dans le un pour cent des un pour cent... La crème des milliardaires...
Marine s'installe sur ses genoux.
Elle passe les bras autour de son cou.
― T'es un génie, mon chéri.
― Mais toi, t'es une star...
Elle l'embrasse.
Jean lui caresse la poitrine.
Il glisse une main sous son maillot.
― T'es toute mouillée, commente Jean, ironiquement.
― T'as pas idée…
Nouveau baiser fougueux...
Jean défait l'agrafe du maillot pour révéler les seins parfaits de sa femme.
Il lèche et aspire le mamelon à portée.
― Tu veux un peu de café? demande Jean entre deux mordillements.
― Non… Arrête pas…
Jean glisse une main entre les jambes de sa femme.
Elle écarte un peu les cuisses pour se laisser caresser.
― Qu'est ce que tu lisais? demande Marine entre deux soupirs.
― Mathéo m'a laissé le programme de la journée… Ils passent nous prendre en fin de matinée pour un petit tour de l'île.
Marine exulte.
― Alors, ça nous laisse le temps de baiser, soupire-t-elle à son oreille.
*
Un petit autobus Mercedes, aux vitres teintées, roule doucement le long d'une piste de terre.
À l'intérieur, hormis le chauffeur dans son habitacle à l'avant, le véhicule est équipé d'une dizaine de grands sièges luxueux.
Jean et Marine sont tout à l'arrière, séparés l'un de l'autre par l'allée centrale.
Devant eux, les deux autres couples...
Harry Hathaway est seul dans sa rangée.
Au niveau du premier rang, une jeune guide en uniforme blanc, se tient debout en s'agrippant au dossier de son siège.
Un homme moustachu est assis à sa hauteur.
Également habillé en blanc, il ne s'intéresse pas au paysage mais lit un roman de gare intitulé Matador.
La jeune femme debout porte un costume seyant, taillé pour mettre en valeur ses formes féminines.
Elle parle au groupe d'une voix distinguée...
― L'île de Calibanie... Très longtemps une île déserte... A toujours été très isolée... Elle fut découverte, par hasard, lors du naufrage du navire The Globe... C'était un navire négrier… Il était rempli d'esclaves africains, en provenance de Calabar… Destinés à être vendus à Cuba… Une Tempête formidable les jeta sur les côtes de Calibanie... Le navire échoué était très endommagé… Il sombra peu de temps après... L'équipage et les quelques esclaves survivants se retrouvèrent coupés du monde… Pour survivre, ils durent mettre leurs différends de côté… Ils durent s'organiser… Calibanie est trop loin des routes maritimes pour être intéressante... Les forts courants et l'absence de baie naturelle en font un lieu difficile d'accès. Les écueils tout autour de la côte sont périlleux pour les navires… D'ailleurs, on trouve un grand nombre d'épaves à quelques miles de nos côtes… Pourtant, les premiers descendants de ces infortunés colons parvinrent à prendre racine… Malgré un terrain peu propice à la culture vivrière, une absence d'animaux domesticables et des eaux peu fournies en poissons comestibles, ils survécurent… Heureusement, suite au commerce florissant des Amériques, en forte expansion à cette époque, d'autres navires finirent par s'échouer et contribuèrent au maintien de la population… Petit paradis inviolé, Calibanie survit depuis des centaines d'années...
― Pardon mais… À quelle nation appartient l'île? demande le jeune geek, assis derrière Harry Hathaway.
Jean se tourne vers Marine.
― C'est forcément le nerd qui pose une question, commente-t-il, moqueur, suffisamment fort pour être entendu.
La jeune guide sourit avant de répondre.
― Nous sommes sous protection de la Couronne… Ses majestés et leurs enfants nous honorent régulièrement d'une visite… Le gouverneur général est nommé par décret royal, mais seulement après consultation de la population locale… Afin d'honorer les traditions de nos ancêtres… C'est un fait très peu connu, mais Calibanie fut la première nation au monde à instaurer un système démocratique universel… Où hommes et femmes participent aux élections...
La petite femme, assise devant Jean, tape le bras de son compagnon, le grand sportif.
Elle n'arrête pas de faire la gueule.
― Dik'... Demande lui pourquoi il n'y a pas de téléphone… C'est insensé tout de même!
La jeune guide a très bien entendu la question.
― Encore une fois, madame… Je vous le répète… C'est à cause d'une situation géographique peu favorable... Nous sommes trop loin du continent et des îles plus importantes…
― De nos jours, y'a des satellites… Je suis bien placé pour le savoir, déclare Jean, sur un ton un peu frimeur, surtout très content de lui.
― La raison est également culturelle, reprend la guide. Comme vous le découvrez, notre île est un pur joyau naturel… Loin des pollutions du monde… Nous attachons beaucoup d'importance à la préservation de nos sites et de notre culture insulaire.
Le bus ralentit.
― Voilà, nous avons fait tout le tour de l'île par la seule route existante… Maintenant, vous appréciez mieux sa petite taille...
― Mais où sont les gens? demande la fiancée du geek. Nous n'avons vu personne.
― Le grand village sera visité cet après-midi.
― On va déjeuner avant? demande le basketteur. Je crève la dalle depuis hier...
― La coutume locale veut que nous ne mangions qu'une seule fois par jour… À la tombée de la nuit... Lorsqu'on a bien faim, le festin n'en est que meilleur...
La guide leur sourit en exhibant de belles dents blanches.
― Un peu de jeûne, c'est excellent pour la santé..., déclare Harry Hathaway du premier rang sur un ton d'autorité.
Jean et Marine échangent un regard amusé.
Le vieil homme, bien en chair, n'a pas l'air de s'intéresser aux régimes amincissants.
― En attendant de nous rendre au village..., déclare la guide. Nous allons maintenant explorer un des sites les plus spectaculaires de l'île… Les plus téméraires d'entre vous seront mis au défi... Allons-y!
Le bus reprend la route.
La jeune insulaire retourne à sa place du premier rang.
*
Menés par la jeune guide, les six passagers grimpent le long d'un chemin très escarpé.
Le vieil homme a préféré rester à l'autobus.
Jean, qui ferme la marche, approche du géant devant lui.
― Je me présente… Jean Lassay… Frenchman...
― Salut.
― Vous êtes à la NBA? Je crois bien vous avoir déjà vu jouer...
― Dikembe Brown… Je jouais pour Orlando… Magic…
― Jouais? Déjà retraité?
― Je suis en agent libre… J'attends qu'une équipe reprenne mon contrat… J'ai encore de bonnes années, mec...
― Je n'en doute pas.
― Et madame… C'est votre épouse?
― Ouais… Moesha…
― Ah ben, elle... Vous n'avez pas dû la rencontrer sur un terrain de basket!
Jean se veut humoristique mais la blague tombe à l'eau.
Dikembe force le pas.
Les présentations en restent là.
*
Arrivés au sommet, les trois couples découvrent une pointe rocheuse qui surplombe la côte.
Le site est extraordinaire tant par sa beauté naturelle que par la couleur irréelle de la mer.
Les nuages sombres laissent filtrer des rayons célestes aux couleurs singulières.
Tous sont admiratifs devant un tableau quasi divin.
Le couple de français s'avance vers l'escarpement.
― Merde… J'aurais dû prendre mon portable, commente Marine, complètement subjuguée.
― Putain... J'ai jamais rien vu de plus beau de ma vie...
Marine tente de s'approcher du bord de la falaise qui n'a pas de barrières de protection.
La hauteur est vertigineuse.
Elle recule par précaution.
Elle pointe subitement vers des rochers distants.
― Regarde là-bas, Jean… On dirait une épave...
Jean scrute l'horizon.
Lui aussi aperçoit les restes d'une épave très ancienne.
Un vieux mât perce les ondes.
― Ça pourrait être la Black Pearl, ironise Jean.
― Ouais… Ben, si je vois Johnny Depp sur le pont en train de fumer un joint… Je te le confirme immédiatement, s'amuse Marine.
Poursuivant l'exploration, le groupe approche du point le plus avancé.
La jeune guide est la plus téméraire.
Elle se tient à quelques centimètres du bord, en tournant le dos au vide.
― Qui a le courage de venir voir? demande-t-elle, en élevant la voix.
Tous hésitent.
La jeune femme n'a rien pour se tenir.
Le vent souffle fort dans ses beaux cheveux frisottés.
Elle sourit.
Néanmoins, Jean se force à être le plus intrépide du groupe.
Il approche du bord en faisant très attention.
Du fait de l'angle, il est impossible de voir, en contrebas, autre chose que les vagues distantes.
― Putain, on est super haut, commente-t-il en direction de Marine.
― Un plongeon de cinquante mètres, précise la guide.
― Oh, putain... Viens voir, chérie… C'est complètement dingue, d'ici...
Marine, très en retrait, lui fait signe que non.
La jeune guide s'approche tout près de Jean.
― Vous pouvez plonger… La mer est très profonde et il n'y a pas de rochers... La plage est facilement joignable à la nage... Là, où le bus est stationné…
― Je ne sais pas… Ça fout tout de même les jetons...
― Je vous imaginais plus téméraire, Frenchman… Alors, laissez-moi vous prouver que ce n'est rien...
Séduisante au possible, la jeune guide défait lentement la veste de son uniforme.
Fixant Jean dans les yeux, elle se dévêtit jusqu'à ne porter qu'un bikini blanc hyper sexy.
Jean accumule dans ses bras les morceaux de son habit qu'elle lui tend à chaque fois.
― Je compte sur vous pour me les redonner, en bas...
― Oui, répond Jean. Absolument…
― Reprenez le même sentier que pour la montée… À bientôt...
Très proche de son visage, la femme caresse Jean sur la joue.
Témoin du geste, Marine réagit de surprise, en fronçant les sourcils.
Jean s'éloigne un peu.
La jeune femme s'approche du bord sans hésitation.
Au point le plus extrême, elle tourne le dos à la mer.
Elle ouvre les bras en croix et bascule en arrière dans le vide.
― Putain! s'exclame Jean.
Tous se regardent, sidérés.
Jean tente d'observer le plongeon mais, du fait de sa position prudente, ne voit rien.
Marine, subitement enhardie, s'est approchée juste derrière lui.
Elle le pousse à peine dans le dos.
― Arrête tes conneries! rugit Jean
― C'est un truc pour toi, ça… Ou t'as pas les couilles, mon petit chéri? se moque-t-elle, pleine de venin.
― Tu sais ce qu'elles te disent mes couilles? rétorque Jean, furieux.
Dépité, il s'éloigne du bord avec les habits de la femme sous le bras.
Marine jubile de sa réaction.
Tous retournent vers le sentier.
*
Au pied de la falaise, le bus attend les passagers.
Assis sur les marches du véhicule, le chauffeur se cure les dents avec une tige de bois.
Harry Hathaway, confortable sur une chaise pliante, fume un cigare en contemplant l'horizon.
La jeune guide a profité du temps d'attente pour prendre le soleil sur la petite plage.
Les trois couples reviennent enfin.
Arrivé le premier sur la plage, Jean lève le nez vers le sommet.
Le plongeon est vraiment très impressionnant.
Il voit ensuite la jeune guide à la peau magnifiquement halée qui se redresse en les voyant arriver.
Jean avance vers elle pour lui rendre ses habits.
La jeune femme se lève et vient à sa rencontre.
Jean la regarde onduler des hanches.
Il admire sa poitrine gonflée.
Marine, un peu en retrait, commente pour son bénéfice...
― C'est elle, je parie, que, ce soir, tu voudrais croquer...
― Moi? Pas du tout..., se défend Jean.
― Tu baves pourtant assez.
Marine s'éloigne pour remonter dans le bus.
Jean tend ses habits à la jeune guide.
― Merci, Jean, souffle-t-elle, câlinement.
― Je ne connais pas votre nom, l'informe-t-il.
― Miranda.
― Miranda comment?
― Sur Calibanie nous n'avons qu'un prénom… Rien de formel, ici...
Miranda enfile son pantalon de toile.
Jean est un peu gêné de la regarder s'habiller.
― Bien… Bon, je vais retourner dans le bus, dit-il, en se raclant la gorge.
― Attendez… Aidez-moi à dégrafer le haut de mon maillot… Il est encore humide...
Miranda se retourne.
Elle soulève ses longs cheveux épais.
Jean voit l'agrafe dorée dans son dos.
Il la défait.
Miranda se retourne aussitôt, exposant ses seins parfaits.
Bouche bée, Jean se retrouve avec le soutien-gorge à la main.
Sans gêne, la jeune femme enfile sa veste à même la peau.
De son siège dans le bus, Marine grimace de voir son mari si aisément captivé par l'indigène impudique.